Sophie Chantreau
Psychologue à Melun

EXTRA TERRESTRES

Nous n’avons jamais été aussi nombreux sur la planète, et pourtant la solitude semble être devenue un phénomène social éprouvé quasiment par tout le monde au moins une fois dans sa vie. Avec l’arrivée du Covid 19, cela n’est pas allé en s’arrangeant.                          

En parlant de la période de confinement avec les gens de votre entourage, peut être aurez-vous remarqué une ambivalence dans les réactions face à la « solitude » qu’il a imposé. D’un côté, il y a Marie qui l’a bien vécu et qui a apprécié ces longs mois d’isolement, et il y a Patrick, pour qui elle a été un véritable calvaire.

La solitude, c’est à la fois le fait d’être seul physiquement à un moment T, et le fait de se “sentir seul”. En effet, on peut être seul chez soi et se sentir bien - comme Marie pendant le confinement-, mais on peut également être bien entouré, comme à une fête, et quand même se sentir seul. C’est ce qu’on appelle le “sentiment de solitude”.

La solitude est très différente selon qu’elle est choisie (« solitude authentique ») ou imposée (« solitude inauthentique). C’est la solitude ”non choisie” qui provoque le “sentiment de solitude”. Elle peut se révéler très douloureuse pour certains.

Des études ont montré que l’isolement est parfois associé à des risques élevés de troubles physiques et mentaux, tels que la dépression.

Peut être que Patrick, et bien d’autres, à l’annonce du confinement se sont sentis terrifiés, angoissés par la solitude. Il n’est jamais facile de se retrouver face à soi même, à ses peurs, à ses doutes et à ses pensées...Le confinement à mis au jour la qualité de nos relations sociales, à soulevé beaucoup de questions sur soi et les autres.

Inévitablement, une personne seule à plus de temps pour réfléchir sur elle même. C’est ce temps libre pour penser et ressentir qui fait peur. La solitude est positive lorsqu’elle est un choix, et qu’elle n’est pas subie. Ce n’est que de cette manière qu’elle permet de mieux vivre dans ses relations aux autres, qu’elle offre une capacité d’autoréflexion, et permet de trouver un équilibre. Dans ce cas-là, il s’agit surtout d’une mise à distance des autres dans le but de se préserver, de se ressourcer.

Certaines personnes gèrent mieux la solitude que d’autres probablement grâce à l'éducation reçue et au vécu (fratrie ou non, chambre partagée ou non, etc.) pendant l’enfance qui viennent façonner l’individu jusqu'à l'âge adulte. Mais comment ne pas devenir une “victime” de sa solitude ? Pour y arriver, il faudrait (en théorie) arrêter de chercher à combler chaque parcelle de son emploi du temps pour s’éviter de penser, et au contraire prendre des moments pour soi, pour se retrouver, accepter ce qui émerge de nous (émotions, etc.) et être bienveillant avec soi même.

 Si la solitude est aussi douloureuse à vivre, c’est aussi parce qu’elle est vue comme une contrainte par la société depuis des siècles. Dans notre société, rester seul n’est pas « normal », cela intrigue et inquiète.

En 2020, Il serait peut-être temps de changer cette image négative de la solitude, pour enfin accepter l’idée que Marie, ainsi que tous ceux qui étaient heureux chez eux pendant le confinement, ne sont pas des « extraterrestres ».

Juliette LEMAIRE (stagiaire psychologue L3)

Sophie CHANTREAU


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