Sophie Chantreau
Psychologue à Melun

Le mot de Juliette

Photo juliette

La compersion

 

Il y a quelque temps, j’ai découvert un nouveau mot : la compersion. Je ne l’avais jamais vu ou entendu avant...Il a rapidement attisé ma curiosité, et voilà ce que j’ai pu apprendre sur lui.

 

Officiellement, le mot “compersion” n’existe pas. Inutile de chercher sa définition, il n’est dans aucun dictionnaire actuel. Et sur internet, vous ne tomberez que sur des sites étranges parlant de naturisme et de polyamour...J’ai donc fait mes premiers pas sur ces sites pour satisfaire ma curiosité, et pour toi ami lecteur (évidemment) !

 

La compersion serait, a priori, une sorte “d’empathie positive”. Pour rappel, selon le dictionnaire Larousse, l’empathie est “la faculté intuitive de se mettre à la place d'autrui, de percevoir ce qu'il ressent.”. Donc si la compersion est, comme écrit plus haut, de l’empathie positive, alors, éprouver de la compersion reviendrait à se réjouir du bonheur ou du plaisir de quelqu’un d’autre.

 

A priori, le mot “compersion” aurait été créé, dans les années 70, au sein de la communauté hippie des Keristas aux Etats-Unis qui avait pour habitude d’avoir des relations amoureuses et/ou sexuelles avec plusieurs personnes, de façon consentie pour toutes les personnes impliquées. Avec cette pratique du polyamour, ils ressentaient de la joie à voir leurs différents partenaires être heureux avec d'autres, mais n’avaient aucun mot pour la décrire. C’est suite à une séance de spiritisme que les Keristans auraient inventé le mot “compersion”...Vous me suivez toujours ?

 

La compersion n’est pas innée. Elle se cultive, se travaille petit à petit. Même dans le cas du polyamour, ressentir la compersion ne doit pas être évident, et les sentiments négatifs - beaucoup plus spontanés - comme la jalousie, peuvent être présents.

Mais, comment faire pour atteindre la compersion ? Pour l’expliquer, je vais prendre l’exemple des relations polyamoureuses.

Le grand défi, c’est de dépasser la jalousie et les autres sentiments négatifs, de déconstruire cette idée que lorsqu’on on est en couple, “l’autre m’appartient et je lui appartient".

Il faut travailler directement sur la jalousie, l’insécurité, le manque de confiance en soi, les peurs…L'idée n’est pas de s’en débarrasser, mais plutôt de faire une introspection afin de comprendre d’où viennent ces “peurs” pour qu'à l’avenir elles soient de moins en moins fortes. Pour cela, il est nécessaire de se focaliser sur le positif, de se mettre dans une position dans laquelle on “voit” le bonheur d’autrui. Il est également important de beaucoup communiquer (sur les émotions, les limites de chacun, sur le type de relation attendue…) pour que toutes les personnes impliquées dans la relation se sentent incluses, en sécurité et en confiance.

 

Dans mes recherches, j’ai pu remarquer que la notion de compersion était très peu répandue en dehors de l’univers du polyamour. Et c’est bien dommage car c’est une émotion à la portée de tout le monde, que nous avons probablement tous ressentis un jour, et pas forcément dans un contexte amoureux. Par exemple, nous pouvons la ressentir lorsqu’une amie est heureuse d’avoir réussi un examen, ou lorsqu’une personne de notre famille a fait le voyage de ses rêves. Finalement, même si ce n’est pas encore un mot officiellement existant - et peu importe son appellation - je me dis qu’il serait peut-être bon pour nous tous de nous entourer au quotidien de ce genre d’émotion positive.

Juliette Lemaitre/Sophie Chantreau


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