Sophie Chantreau
Psychologue à Melun

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Ce « problème » concerne de nombreuses personnes, qui finissent non seulement par en avoir honte mais également par en avoir peur. Rougir quand on est embarrassé ou intimidé n’est déjà pas agréable, mais il arrive qu’on rougisse par « anticipation », parce qu’on pense… qu’on va rougir ! Le cercle vicieux est en place ! Des spécialistes ont même appelé cela l’éreutophobie (la peur de rougir). Les « Peaux rouges » ont mis en place de nombreuses stratégies pour éviter que le rougissement ne se voit trop, par exemple «  se moucher », « ne pas regarder l’interlocuteur », « tousser » dans les moments de gêne…mais rien  n’y fait…

D’où vient le rougissement ?

Il faut se tourner pour comprendre vers les recherches sur les réactions de stress. Chez certaines personnes, une situation stressante déclenche dans l’organisme un flot de substances chimiques et hormonales, on connait par exemple la fameuse adrénaline qui fait battre le cœur et accélérer la respiration. Et cela était bien pratique…au temps de la préhistoire. Je raconte souvent à mes patients « stressés » l’histoire de l’ours et du chasseur-cueilleur.

A l’époque, au temps des premiers hommes,  un colosse poilu parti chasser pour nourrir sa tribu entre dans une caverne et se retrouve nez a nez avec un ours ; gros, fort et de méchante humeur…le danger est là, tout prêt, la bête est devant la porte. L’homme est en alerte, son cœur cogne dans sa poitrine, le sang afflue dans ses veines, il faut fuir ou combattre ! Le stress l’a aidé en préparant son organisme et en le stimulant. Il est prêt a agir !

Vous me direz qu’aujourd’hui il est bien rare de rencontrer un ours, c’est sur ! Et les dangers sont plus symboliques (regard de l’autre sur soi, parler en public)… mais le principe est le même, le stress prépare l’action !

Quand le système est déréglé

Chez les anxieux sociaux, hyper-vigilants, le problème vient du fait que le système d’alarme se met en route un peu trop vite, ils rougissent donc dans nombre de situations qui pour d’autres paraissent « banales ». Mais il existe aussi une autre dimension chez les peaux-rouges, qui ajoute au stress.

Non seulement le corps est lâchement trahi par le rougissement irrépressible, mais les pensées qui y sont associées ajoutent une connotation négative (si les gens me voient rougir, ils vont penser que je suis faible, mal a l’aise…) d’auto-dévalorisation. Les peaux-rouge finissent par anticiper les situations sociales dans un sens catastrophiste (« ils vont voir que je suis nul, faible, ils vont me juger !»), et donc fera tout pour les éviter !

Le peau-rouge, bien sur,  n’est pas systématiquement en grande souffrance et il peut parfois s’accommoder de la coloration écarlate de son visage à condition qu’il n’accorde pas trop d’importance à son émotivité exacerbée.

Mais, la peur du jugement d’autrui peut se retrouver dans les cas les plus invalidants au centre des relations sociales. L’estime de soi est souvent mauvaise (je suis un incapable, je ne peux pas faire, trop émotif, ca se voit trop) et les pensées d’anticipation renforcent le cercle vicieux (Je ne m’expose pas pour ne pas me mettre en danger, c’est trop stressant, mieux vaut que je reste à la maison au lieu d’aller a cette soirée…). On tourne en boucle !

Anxiété sociale

Stress, timidité et trac sont le lot commun mais quand il existe une souffrance ou que les difficultés deviennent invalidantes par leur intensité (de nombreuses stratégies d’évitement en place, des confrontations pénibles aux autres dont le regard est « forcément critique », un appauvrissement des contacts sociaux) alors il faut agir car les relations sociales, le fait de dépendre d’autrui, d’être jugé, jaugé et observer font bien partie de la condition humaine et sont aussi nécessaires que les nourritures intellectuelles ou matérielles.

TCC, Les thérapies cognitivo-comportementales

Ce sont les plus utilisées dans le domaine des troubles anxieux (c’est en tout cas celles que je pratique au cabinet pour avoir constaté leur efficacité). L’objectif est d’agir sur les pensées dysfonctionnelles, les émotions incontrôlées  et les comportements d’évitement et de maintien du trouble. Des techniques de relaxation, de contrôle respiratoire sont apprises, des expositions programmées sont proposées. Les compétences sociales sont développées, avec des modèles d’affirmation de soi. Elles font l’objet d’un entrainement spécifique permettant de maitriser : les demandes, les refus, les critiques, les compliments, d’engager une conversation etc…

Les peaux–rouges, les timides, les traqueurs, les anxieux…. en prenant en compte les bénéfices issues des T.C.C. appréhenderont ainsi plus clairement que :

« Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, mais parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles »

SENEQUE.

 

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